Binkù La Nerveuse est une jeune femme engagée, qui observe au quotidien notre société, comme une sorte de diagnostic du pays sur tous les plans, afin d’y apporter des observations, des critiques, et proposer des solutions pour un Cameroun nouveau.

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LES CHRONIQUES DE BINKU

#MonPari2019

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#MonPari2019

11 Août 2017, une semaine avant mon anniversaire, sur un coup de tête, je me lance dans la gueule du loup.

En effet, il y’a bien longtemps que je nourris de l’indignation face à la dépigmentation volontaire, et je voulais me lancer dans ce combat, sauf que je ne savais pas par où commencer.

Ce jour là, sur mon profil, sur un coup de tête j’ai partagé la photo d’une chimiste du dimanche qui jadis couleur café, a progressivement mué comme un serpent pour devenir plus qu’albinos. Cette image était trauma-choquante. Je l’ai partagé en ces termes : “comment quelqu’un peut-il se détester autant ?”

Et en moins de 24h, ce que j’appellerais “la Fecandjansan” (fédération camerounaise de ndjansan) toute entière a débarqué sur mon mur.

Des injures fusaient de partout, des menaces de faux profils, du sabotage sur des page (notamment kongossa bar), et surtout des signalements multiples…

À vrai dire, je ne m’étais pas préparée à cette épreuve, qui était à la fois froide et excitante. Ceux qui me suivent depuis sur les comptes personnels vous diront la chair de poule que procuraient les centaines de commentaires durant cette période.

Excitante parce que je savais que j’ai percé un abcès que la société société couvrait et encadrait, parce que, contrairement à ce que laissaient croire les commentaires, je recevais Inbox beaucoup plus de messages réconfortants. Beaucoup de filles noires qui se faisaient narguer par leurs copines devenues claires, des femmes qui se sont vues mises en touche par leur partenaires parce qu’elles sont noires… Bref, les filles qui commençaient déjà à se sentir dévalorisées à cause de ce phénomène me contactaient pour me redonner courage.

Froide parce qu’en plus des injures, on trouvait ma méthode pas du tout appropriée. Des aînés me faisaient des remontrances, m’invitant à être plus douce.
J’essayais d’opter pour la carotte, mais quand je pensais à cette petite cousine née d’une mère qui s’est dépigmentée la peau jusqu’à en mourir, quand je pensais aux problèmes de suture osseuse qu’elle traînera toute sa vie à cause de l’ignorance de sa mère, quand je vois à quel point la vie ne lui sera pas tendre à cause des corticoïdes que sa mère s’ingurgitait…
Je me disais “je ne saurais être douce face à ce fléau”. Vraiment, tant pis pour celles qui seront choquées, c’est pour leur bien. L’éducation passe entre deux bornes : la carotte et le bâton. Et la carotte en elle-même étant un aliment éclaircissant, à trop en faire recours, on ne fera qu’amplifier ce fléau…

Et justement…

Grâce à ma méthode rude, j’ai redonné confiance aux femmes noires
J’ai davantage encouragé les hommes à aimer la beauté naturelle
J”ai encouragé plus d’une à arrêter cette pratique,
J’ai fait la rencontre de la terma de qui j’en apprends beaucoup (et qui régule très souvent ma fougue 😅)… J’ai surtout cassé le marché de plusieurs de ces vendeurs d’illusion, et j’en suis fière.

Vous me direz que c’est leur gagne-pain quotidien, je vous répondrai que gagner sa vie en précipitant les autres dans la tombe s’appelle de la méchanceté. Et ça devrait être puni par la loi.

Hier encore j’ai livré l’huile de coco à une amie sur Facebook qui a arrêté de se dépigmenter, et qui m’a soufflé que c’est en partie grâce à mon combat : c’est pour moi là meilleure récompense qui soit.

#Mon_Pari_2019, c’est de ramener davantage de femmes à la raison, de leur raffermir la confiance en elle, et de mettre davantage à mal ces vendeurs d’illusion qui se jouent de l’ignorance des citoyens pour se faire du blé.

Bloquez-moi sur toutes les plateformes qui font la promotion de ces poisons, parce que sur chacune d’elles qui apparaîtront sur mon fil d’actualité, je laisserez un mot pour éveiller les consciences.

En attendant que le gouvernement se penche sur ce fléau, je continuerai ce que j’ai commencé.

Binku la Militante Antindjansan (Et toi, quel est ton pari 2019?)

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