Binkù La Nerveuse est une jeune femme engagée, qui observe au quotidien notre société, comme une sorte de diagnostic du pays sur tous les plans, afin d’y apporter des observations, des critiques, et proposer des solutions pour un Cameroun nouveau.

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LES CHRONIQUES DE BINKU

La mère dans l’éducation sexuelle de ses enfants: cas de la mienne (suite)

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La mère dans l’éducation sexuelle de ses enfants: cas de la mienne (suite)

Depuis ma naissance je dirais, ma mère m’instruisait sur la sexualité. J’integrais certaines consignes, et d’autres pas. Par exemple, entre 1-3ans, j’aimais courir nue dans la maison et dans tout le quartier. Mais même dans mon innocente agitation, je savais que personne d’autre que ma mère ne devait me toucher sur certaines parties . Chaque fois qu’elle me donnait mon bain, elle entonnait une chansonnette dont voici les paroles: ” haaa, madame la blanche oyééé, je vais laver ooo ooh”. Et on poursuivait toujours par ce petit echange :
Mama- c’est qui qui lave le bb?
Moi- chè mamamounet
Mama- c’est qui qui doit toujours laver le bb?
Moi- chè mamamamounet
Mama- (en touchant mes parties intimes) et c’est qui qui doit laver ici?
Moi- chè mamamamounet
Et ici?
Chè mamamamounet
Et ici ici…?
Chè mamamamounet.

Et c’était ainsi chaque fois qu’elle me lavait matin et soir. Au point où, quand quelqu’un d’autre devait me laver je pleurais toujours, même à mon père, je ne donnais pas la tâche facile.

J’ai été inscrite à l’école à l’âge de 3ans. Je marchais et parlais déjà. Il se dit que je bavardais même trop pour un enfant de cet âge. Bon, moi je ne pense pas que ce soit vrai hein, je me suis toujours trouvée très calme.
À la maternelle, il m’a fallu plus de trois mois pour permettre à la maîtresse de m’accompagner faire mes besoins. Au début de faisais popo sur moi, et par la suite je me retenais jusqu’à la maison. Mama s’arrangeait à me faire faire mes besoins chaque matin en sortant de la maison, ce qui me permettait de me retenir plus longtemps.

Mama m’avait également inculqué de ne pas faire confiance à n’importe qui, de ne pas rentrer avec des amis ou leurs parents, et de l’attendre avec patience après les cours. Elle aimait jouer la carter de la peur, en me racontant des histoires d’horreur. Elle me disait qu’il y’a des gens qui coupent les têtes des enfants qui aiment se promener… Et comme j’avais peur de me faire décapiter, j’evitais d’aller chez mes camarades de classe.

Mon établissement était à environ 400m de la maison. À l’âge de 6ans à la SIL, mon grand frère qui avait 8ans, et mon petit frère 4ans. Nous n’avions plus besoin de mama pour nous accompagner à l’école. Nous y allions tous les trois chaque matin, et rentrions chaque soir veillant les uns sur les autres.

Un mercredi, en rentrant de l’école, un oncle nous a aperçus en chemin et il s’approcha de nous. J’étais seulement avec mon petit frère, mon grand frère était absent ce jour.
À quelques mètres de nous, cet oncle se mit à m’interpeller: “Blanche, Blanche…” et moi je refusais de me retourner parce que cette voix ne m’etait pas familière. Étant donné ma vue réduite, je misais sur mon ouïe pour reconnaitre les individus.
Plus il se rapprochait, plus vite j’avançais en tirant mon frère. J’avais même plier ma jupe pour courir s’il persistait. À un moment, il s’est arrêté, et nous regardait. Nous avons accéléré le pas jusqu’à la maison. Et il nous y a rejoint en soirée. J’avais déjà raconté à mama ce qui nous est arrivé. Il est venu exprimer la honte que nous lui avons foutu en route au milieu de tous les passants: on le fuyait comme un criminel. Mama s’en est excusée et nous a tenus de le saluer chaque fois que nous le verrons.

Au quartier, comme tous les enfants, j’aimais jouer à “papa et mama”. J’étais plutôt une mama qui aimait s’occuper de ses enfants en papier, et qui aimait cuisiner dans les boites de sardine. Ma mère avec ses histoires d’horreur m’a appris la crainte de Dieu. Elle m’avait raconté un jour que deux enfants qui jouaient à “papa et mama” se sont retrouvés brûlés par le feu du saint esprit, parce qu’ils ont fait les choses des grandes personnes.

Mais un jour à force de voir mes amis vraiment jouer à ce jeu et en vie le lendemain, j’ai voulu également appliquer, et je me suis faite brûlée par le feu de la main de mama.

En effet, Christian un voisin du quartier était l’acteur de ce jour. Moi mama je restais préparer pendant que papa allait travailler. Le soir je servis à manger et nous allions nous reposer dans notre chambre. Le jeu se déroulait à la maison pendant que ma mère était au marché.
Mon grand frère était dehors avec ses amis, mon petit frère faisait partie de notre équipe. Il jouait le rôle de gardien. Pendant qu’on dormait, lui il était placé à la porte et avait pour instruction de ne laisser passer personne.

Christian se déshabilla et c’était ma première fois après longtemps de voir un garçon nu car à la maison, on nous interdisait de rester nus. Dans ma timidité, je n’arrivais ni à le regarder, ni à suivre en me déshabillant aussi. Il vint vers moi:
Lui- Blanche déshabille toi alors, on dort vite avant que ta mère rentre
Moi- hum le feu va nous brûler
Lui- tu mens pourquoi ça ne le brûle pas depuis
Moi- j’ai moi peur. Si mama vient elle va nous fouetter
Lui- on fait alors vite et après on s’habille
Moi- mama a dit que les garçons ne doivent pas voir les filles sans caleçon
Lui- on éteint alors la lumière…

Il éteignit la lumière et je me déshabillais malgré moi. Je voulais savoir ce que ça faisait de jouer à papa et mama, mais j’avais également peur de me faire prendre ou d’être brûlée par l’esprit saint.

Pendant que je me déshabillais sous ses yeux, ma mère fit son retour du marché…

Binkù la Nerveuse (la suite demain…)

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