Binkù La Nerveuse est une jeune femme engagée, qui observe au quotidien notre société, comme une sorte de diagnostic du pays sur tous les plans, afin d’y apporter des observations, des critiques, et proposer des solutions pour un Cameroun nouveau.

Appuyez sur entrée pour commencer votre recherche

LES CHRONIQUES DE BINKU

Ce matin

Ce matin

Il était 10h quand je sortais de la maison pour faire certaines courses.
Alors que je me dirigeai vers Ecobank pour opérer un retrait, un jeune homme vint vers moi et me dit:
“S’il te plait, ma chérie il y’a un homme là derrière qui veut te parler. Il est cadre aux brasseries”

Mince!!! Quel culot!
Je m’arrête et fais 1/4 de tour, et sous un ton serein:
Moi- Euh… On se connait ?”
Lui- Non ma chérie mais…
Moi- d’où vient-il donc que primo, vous me tutoyez, secundo, vous m’appelez “ma chérie”. C’est quoi ces manières?
Lui- Ekiee ma chérie…
Moi- et il persiste, bref… Allez dire à votre cadre qu’on ne déplace pas une femme.

Je fis un détour et continuais mon chemin. Il me suivait en disant:
” S’il vous plait Mme, même si c’est payant de vous déplacer, donnez-moi votre prix…”
En marchant, ma tête fit un demi-tour et ma bouche laissa échapper un “tsiuuupsss”. Et chacun continua son chemin.

Quelques minutes après, je sortis de l’agence., et une range rover grise était garée au bas des escaliers. Un homme en ressortit. Il parait être dans la trentaine, environ 1m90, cheveux bien coiffé, tenue africaine, mocassins sur-mesure. Il portait des lunettes et avait plutôt l’air intelligent…

Pendant que je descendais les marches, il vint vers moi :
Lui- Bonjour Mme
Moi- Bonjour M.
Lui- Euh … C’est moi qui ai fait appel à vous tout à l’heure…
Moi- C’est vous le fameux macho qui a osé vouloir me déplacer comme une putaine?
Lui- Ekieee mais non, n’allons pas jusque là…
Moi- Et pourtant c’est le cas…
Lui- Mme vous êtes très belle
Moi- Ce n’est pas un scoop. Ce n’est qu’un rappel
Lui- (sa voix avait baissé d’un ton) euh… Je peux avoir votre contact ?
Moi- Vous n’avez pas oublié quelque chose?
Lui- s’il-vous-plaît
Moi- euhh… Non, vous ne pouvez pas! Autre chose?
Lui- Permettez-moi au moins de vous déposer où vous allez…
Moi- (lui tournant le dos) désolée mais je préfère les motos…

Moi- Psiiii mollah laisse-moi au commissariat centrale n°2.
Bensikineur- tu as prévu combien?
Moi- Fip cent
Bensikineur- Mets dedans

Sur le chemin

Bensikineur- Ressé le djiman avec qui tu djossai tout à l’heure là nous suit hein
Moi- Hapaaa il yamoh les PB hein
Bensikineur- je do hao ressé? Je m’arrête, ou je take les mapans pour comot de l’autre côté
Moi- Lep grand, roule sur la voix normale, je vais gérer

Arrivée au commissariat, je descends et me dirige tout doux vers l’intérieur.

À l’intérieur, je croise un militaire dans la cours qui m’interpelle :

Lui- Ma chérie… Viens par ici
Moi- (dans mon coeur) mais qu’est ce que les camerounais ont avec cette appellation?
Lui- tu parais déboussolée, je peux t’aider ?
Moi- non, je vais voir le commissaire pour proroger mon récépissé
Lui- fais voir ton récépissé.
Il regarda et me dit:
Lui- hum, ma chérie, tu as le bon âge hein
Moi- pour?
Lui- pour te mariée et faire des enfants… Tu es le genre de fille qu’on épouse une fois, en plus je n’ai jamais vu une albinos avec tes formes là, ma chérie donne-moi ton nu…
Moi- (arrachant ma carte de ses mains) tsiiuupsss! C’est là où vous vouliez en venir? Non mais vous vous croyez où là ? Dans la cours du roi Peto?
Lui- (sous un ton autoritaire) si je dis que tu ne bouges pas, tu ne bouges pas, d’ailleurs, fais demi-tour, et repasse demain…

Le gars de la voiture fit son entrée et se dirigeait vers moi.
Quand le militaire le vit, il affichait un grand sourire:
“Ohhh le grand boss… Bonsoir”
“Bonsoir gars.. C’est comment ? Tu as servi ma petite sœur ?”
“Ehh ça votre petite sœur ? Je m’apprêtais comme ça à lui indiquer le bureau du commissaire. Ma chérie…”
“Vous avez tenu ma carte et vous continuez à m’apoeler comme ça ?”
“Euhh… Ngo…”
“Oui oui??”
“Je vous accompagne chez le commissaire”
“Laissez, je connais le chemin”

Je me dirigeai au bureau du commissaire, et je fis rapidement proroger mon récépissé.

En sortant, je vis que le gars était entouré de militaires qui semblaient tous lui faire des révérences. Il mit aussitôt un terme à leur échange et me rejoint.

Lui- petite sœur
Moi- depuis quand?
Lui- depuis que je t’ai tirée d’affaires
Moi- ne te méprends pas. Merci en passant.
Lui- hum je comprends pourquoi tu as ce caractère
Moi- ???
Lui- tu es une fille bassa, et les filles bassa sont sévères
Moi- Cliché… Mais je prends pour un compliment.
Lui- on dit quoi?
Moi- je t’ai demandé de ne pas te méprendre. Au fait, tu leur a donné combien?
Lui- quoi?
Moi- tu as bien compris, je n’aime pas me répéter! Je veux te rembourser.
Lui- (sous un ton pointu) à un moment il faut redescendre sur terre ma chère! Je me suis déplacé, je t’ai suivie, je t’ai libérée d’une épine, et tu n’as pas l’amabilité de m’accorder une minute? Non mais tu te prends pour qui? Et tu es sortie sans protection. Il n’y a aucune moto ici, permets au moins que je te dépose pour ta santé…

Il faisait vraiment très chaud, et bon… Il m’a quand-même sortie du pétrin nor?
Donc, j’ai validé son invitation.

Moi- et tu me grondes?
Lui- (sous un ton en dessous) ekiee mama, esseu je peux te gronder? J’ai quelle tête?
Moi- okay je monte, mais à une condition
Lui- tout ce que tu veux mama
Moi- Tu ne me saoules pas avec le bavardage
Lui- je garderai ma bouche cousue

Dans la voiture… Hum j’ai jeté un coup d’œil à l’arrière. Certains documents plutôt bien rangés, et une palette de jus. Il y régnait une odeur de rose bonbon, comme si le véhicule sortait de la machine à laver.

Il restera calme pendant la moitié du trajet. Au bout de 20 mins, il déclencha
Lui- moi c’est Brad
Moi- j’ai dit que je veux le calme stp.

5 MINUTES PLUTARD

Moi- et puis c’est quel prénom ça… Nos parents n’étaient vraiment pas inspirés hein. On ne pouvait pas te donner un prénom africain du genre Kunta Kinte? Eloundou? Ndjandjo?? Je sais pas…
Lui- hahaha tu es très drôle toi… Tu portes un prénom africain toi?
Moi- Dans un autre monde, on m’appelait Kimpa Vita.
Lui- hahaha ma reine, je ne veux même pas savoir comment on t’appelle dans ce monde ci. Je vais moi continuer à t’appeler comme ça.
Moi- tu croyais d’abord que j’allais te donner mon prénom? Je Wanda même hein.

Puis il mit la radio pour suivre les infos. On nous informa que Bamenda a subi une autre attaque…

Moi- finalement ces gens revendiquent quoi? Ils veulent même quoi?
Lui- le changement
Moi- en détruisant les infrastructures et en tuant des innocents? Tu encourage ça ?
Lui- surtout pas, mais j’ai la faiblesse de penser qu’ils ont tort sur toute la ligne.
Moi- Bien-sûr qu’ils n’ont pas tort au fond. C’est la forme qui ne m’arrange pas. Moi-même je veux le changement, que Biya et sa clic soient écartés, et qu’efin nous puissions exploiter toutes nos potentialités… Mais ce n’est que par les urnes que nous les vaincrons.
Lui- hum tu aimes parler politique apparemment…
Moi- bofff je m’intéresse à l’actualité de mon pays tout simplement
Lui- tu n’es donc pas qu’une belle femme, en plus d’avoir un sacré caractère, tu es également instruite
Moi- Tu en doutais
Lui- oui un peu
Moi- hum…
Lui- d’ailleurs ton visage m’est familier
Moi- hein?
Lui- si si… Tu as fréquenté Chevreul ?
Moi- oui.
Lui- (prit son téléphone et me présenta une image) tu connais le gars ci?
Moi- heee Henri… Mais comment il va celui-là? Ekiee… Attends, tu es son grand frère nor? Haann ben ouii…
lui- haha oui je suis son frère. Alors la fille bassa ci, mamie problèmes
Moi- hihihi j’ai changé hein
Lui- tu ne provoques plus?
Moi- de temps en temps seulement
Lui- hahaha tu as bien muri depuis
Moi- je suis la mangue? Easy hein.
Lui- d’accord mama
Moi- et d’où tiens-tu ces mauvaises manières de faire appeler les filles en route?
Lui- sincèrement, je ne savais pas que c’était un péché dans Douala. Depuis que je procède comme ça, elles ne se gênent pas de venir hein…
Moi- c’est très mal poli même.
Lui- si tu le dis. Je tiens à m’excuser. Massa.. Tu m’as mis au travail aujourd’hui là
Moi- en parlant de travail, ton boss sait que tu n’es pas go work parce que tu courais derrière une fille?
Lui- oui oui il le sait et il approuve entièrement…
Moi- hein??
Lui- puisque c’est moi le boss
Moi- han ok. Donc au lieu de surveiller le travail de tes collaborateurs tu te balades en route?
Lui- ekiee
Moi- tu ne croyais tout de même pas que j’allais te sauter au coup quand tu m’aurais dit ça…
Lui- ekiee mama, tu n’es pas fière d’être dans la voiture d’un directeur?
Moi- tsiupss quel genre même, tu peux même me laisser là au marché.
Lui- hum. Je peux quand-même avoir ton numéro ?
Moi- je t’autorise à le demander à ton frère, il doit l’avoir.
Lui- sinon…
Moi- il saura où le trouver.

Je sors de sa voiture et le remercie pour le chemin.

Moi- bon merci mollah et prière d’aller t’occuper de tes brebis. On ne t’a pas nommé directeur pour tes beaux yeux
Lui- tu reconnais que j’ai de beaux yeux… C’est déjà ça
Moi- tsiups bye…

Et je m’en allai

Tout à l’heure, j’ai reçu un appel de l’infatigable Brad, et nous avons échangé en deux minutes…

Cette journée m’a permis de changer certaines mentalités masculines, et j’en suis fière. Si certains hommes font preuve d’indélicatesse envers les femmes, c’est bien parce qu’elles le leur permettent. Ce n’est pas parce qu’une voiture gare devant toi que tu dois y entrer, ou encore, ce n’est pas parce qu’un titre envoie te chercher, que tu dois te déplacer. Sachons nous donner de la valeur aux yeux des hommes.
Une femme qui transpire la confiance en elle, impose le respect.

les vrais hommes sont comme des lions, ils aiment aller chasser. Plus le gibier est rebel, plus l’appétit va croissant.

Binkù la Nerveuse ( vous n’imaginez même pas ce que j’ai découvert sur lui par la suite 😏…)

Pas de commentaires

Publier un commentaire